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« Elle est vivante et elle brille » (Viktor Dragounski) – extraits non publiés traduits – Conte jeunesse russe

Cette courte nouvelle, à la frontière du conte et de la prose poétique, explore l’éveil intérieur d’un enfant face à une perception du monde sensible, mystérieux et invisible aux yeux des adultes.

J’ai choisi de conserver une narration sobre, sensorielle et rythmée, fidèle au souffle de l’original russe. Le défi consistait à maintenir le ton intime et presque chuchoté du texte, tout en assurant une lisibilité fluide pour un lectorat francophone.

Cette traduction fait partie d’un travail de recherche autour de la littérature jeunesse et sensible d’Europe de l’Est.

🌟 Extrait — « Elle est vivante et elle brille » (Viktor Dragounski)

Texte original (russe) Однажды вечером я сидел во дворе, возле песка, и ждал маму. Она, наверно, задерживалась в институте, или в магазине, или, может быть, долго стояла на автобусной остановке. Не знаю. Только все родители нашего двора уже пришли, и все ребята пошли с ними по домам и уже, наверно, пили чай с бубликами и брынзой, а моей мамы все еще не было…

И вот уже стали зажигаться в окнах огоньки, и радио заиграло музыку, и в небе задвигались темные облака – они были похожи на бородатых стариков…

И мне захотелось есть, а мамы все не было, и я подумал, что, если бы я знал, что моя мама хочет есть и ждет меня где-то на краю света, я бы моментально к ней побежал, а не опаздывал бы и не заставлял ее сидеть на песке и скучать.
Ma traduction (français) Un soir, j’étais assis dans la cour, près du bac à sable, et j’attendais ma mère. Elle avait dû être retardée à l’université, ou en faisant les courses, ou peut-être qu’elle attendait depuis un moment à l’arrêt de bus. Je ne sais pas. Je savais seulement que tous les parents de notre cour étaient déjà rentrés, et que tous les enfants les avaient rejoints et étaient probablement déjà en train de boire du thé avec des bagels et du bryndza. Mais ma mère, elle, n’était toujours pas là…

Et les lumières commençaient à s’allumer au travers des fenêtres, la radio se mettait à jouer de la musique et des nuages sombres apparaissaient dans le ciel : ils ressemblaient à des barbus vieillards…

Et j’avais faim, mais ma mère n’était pas là, et je me suis dit que si j’avais su que ma mère avait faim et qu’elle m’attendait quelque part au bout du monde, j’aurais accouru vers elle immédiatement, sans être en retard et sans la laisser s’ennuyer, assise sur le sable.
Texte original (russe) Я открыл коробочку и сперва ничего не увидел, а потом увидел маленький светло-зеленый огонек, как будто где-то далеко-далеко от меня горела крошечная звездочка, и в то же время я сам держал ее сейчас в руках.

– Что это, Мишка, – сказал я шепотом, – что это такое?
– Это светлячок, – сказал Мишка. – Что, хорош? Он живой, не думай.

– Мишка, – сказал я, – бери мой самосвал, хочешь? Навсегда бери, насовсем! А мне отдай эту звездочку, я ее домой возьму…

И Мишка схватил мой самосвал и побежал домой. А я остался со своим светлячком, глядел на него, глядел и никак не мог наглядеться: какой он зеленый, словно в сказке, и как он хоть и близко, на ладони, а светит, словно издалека… И я не мог ровно дышать, и я слышал, как стучит мое сердце, и чуть-чуть кололо в носу, как будто хотелось плакать.

И я долго так сидел, очень долго. И никого не было вокруг. И я забыл про всех на белом свете.
Ma traduction (français) J’ai ouvert la boîte, et d’abord, je n’ai rien vu. Puis j’ai aperçu une petite lumière verte, comme si une minuscule étoile brillait très loin de moi, alors que je la tenais entre mes mains.

– C’est quoi, Misha ? ai-je murmuré, – c’est quoi ?
– C’est une luciole, a répondu Misha. – Elle est belle, hein ? Et elle est vivante, ne t’inquiète pas.

– Misha, tu veux mon camion-benne ? Tu peux le garder, pour toujours ! Mais en échange, donne-moi cette petite étoile, je vais la ramener à la maison…

Misha a attrapé mon camion-benne et est rentré chez lui en courant. Et je suis resté là, avec ma luciole. Je n’arrêtais pas de la regarder, incapable de détacher les yeux : elle était verte, comme dans un conte de fées, et même si elle était toute proche, dans ma paume, elle brillait comme si elle était loin… Je ne pouvais plus respirer normalement, j’entendais mon cœur battre et j’avais un petit picotement au nez, comme si j’avais envie de pleurer…

Je suis resté assis ainsi longtemps, très longtemps. Il n’y avait personne autour de moi. J’avais oublié tout le reste du monde.

📄 Tu peux télécharger la version complète bilingue de la nouvelle au format PDF :

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✨ Ce texte m’a permis d’explorer une narration intime, sensorielle, et profondément humaine, dans un style proche du conte poétique.

Que ce soit pour la jeunesse ou un public plus large, j’ai à cœur de transmettre l’émotion du texte original avec justesse, musicalité et finesse

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