Depuis le 1er Janvier 2025, la génération Bêta est née. Elena Sopilidi, psychologue, thérapeute psycho-corporelle et coach en transformation d’état d’esprit, a expliqué à Zkon.kz en quoi cette nouvelle génération sera différente de la « génération Alpha » qui l’a précédée, et ce que les parents doivent savoir à ce sujet.
Comme le soulignent les scientifiques, ce sera la première génération à grandir dans un monde où l’Intelligence Artificielle est omniprésente. Selon Science Alert, les Bêta rivaliseront avec les Alphas, et selon les prévisions, ils représenteront 16% de la population terrestre en 2035. Ces mêmes représentants de la génération bêta entreront dans le XXIIe siècle : en 2101, ils auront 76 ans.
Mark McCrindle, scientifique, démographe et chercheur en sciences sociales australien, qui a inventé le terme « génération Alpha », a défini la période de la nouvelle génération comme allant de 2025 à 2039.
Au cours des cent dernières années, les chercheurs ont utilisé les termes suivants pour désigner les différentes générations à l’échelle mondiale :
- Génération Bêta : 2025-2039 ;
- Génération Alpha : 2010-2024 ;
- Génération Z : 1997-2009 ;
- Génération Y (Millénariaux) : 1981-1996 ;
- Génération X : 1965-1980 ;
- Les Baby-Boomers : 1946-1964 ;
- Génération de l’Entre-deux-guerres : 1928-1945 ;
- Génération Grandiose : 1901-1927 ;
- Génération Perdue : 1883-1900.
À quoi ressembleront les enfants de la génération Bêta ?
Il est certain que nous ne pouvons faire que des suppositions sur ces enfants nés après le 1er janvier 2025. D’après les données des chercheurs, qui se sont basées sur les précédentes expériences du développement des enfants et sur les conditions de leur croissance, nous pouvons présumer que les enfants évolueront et façonneront leur pensée dans un monde complètement différent.
Selon la psychologue Elena Sopilidi, en raison de la place prépondérante des technologies dans la société actuelle, la génération Bêta sera probablement encore plus étroitement liée aux nouvelles technologies, et devra faire face à de nouveaux défis, tels que l’accélération du rythme de vie, la mondialisation et le changement climatique.
« Nous voyons déjà des enfants qui ne peuvent se passer de leurs gadgets et autres appareils électroniques. Mais pour la génération Bêta, le monde numérique sera aussi naturel que l’espace physique pour nous. L’Intelligence Artificielle jouera un rôle considérable dans leur vie dès leur naissance. Elle sera présente dans tous les aspects de leur vie, de l’éducation au divertissement. Nous voyons déjà la réalité virtuelle s’emparer des nourrissons. La génération Bêta y sera de plus en plus immergée », précise la psychologue.
Avantages et inconvénients éventuels
La spécialiste envisage les avantages et les inconvénients potentiels de la réalité dans laquelle les enfants de la nouvelle génération vont grandir et de la manière dont elle va influencer leur destin.
Selon elle, la Génération Bêta évoluera à une vitesse de développement phénoménale. Leur intelligence évoluera à ce rythme actif car leur capacité d’absorption des informations sera bien plus élevée que celle des générations précédentes. La psychologue suppose que les enfants de la nouvelle génération s’adapteront facilement à ce rythme intense.
Toutefois, selon l’expert, ces nouvelles réalités de la vie présentent des avantages et des inconvénients.
« Le cerveau des enfants sera constamment sollicité. Et comme la vitesse de l’information augmente, nous devons tenir compte du moment psychologique important qu’est l’ennui. Nous observons que de moins en moins d’enfants éprouvent cette sensation, et je crains qu’elle ne disparaisse complètement chez cette génération. C’est en effet dans l’ennui que s’éveillent chez l’enfant le véritable intérêt et la motivation intrinsèque à agir pour obtenir ce que l’on veut. Ainsi, le développement pédagogique, psychologique et émotionnel se produit, car l’enfant prend conscience de l’état de ralentissement et d’ennui dans lequel il se trouve. Le processus est le suivant : en s’ennuyant, l’enfant commence à se plaindre et essaie de trouver quelque chose qui l’intéresse », a déclaré l’oratrice.
Elena Sopilidi estime que de nos jours l’attention des enfants est accaparée par beaucoup de choses, ce qui a pour conséquence le syndrome de déficit de l’attention.
« Ils ne parviennent pas à maintenir leur attention sur un processus particulier. Ils doivent utiliser un autre type d’attention », explique la psychologue.
La spécialiste souligne que l’être humain dispose de deux types d’attention : l’attention volontaire et l’attention involontaire. C’est cette dernière qui est le plus souvent utilisée dans l’industrie du divertissement et dans l’éducation.
« L’attention volontaire », c’est le moment où, à force de volonté, l’enfant parvient à maintenir son attention sur quelque chose qui ne l’intéresse pas vraiment, mais qu’il essaie de comprendre. Grâce à ce type d’attention, le processus de développement de la volonté se met en place. Plus tard, elle permet d’atteindre les objectifs fixés. Par conséquent, si nous avons un trouble de l’attention dû à un flux important d’informations, l’enfant peut avoir des processus volitifs peu développés », explique Elena Sopilidi.
La psychologue suggère que les professions liées au coaching, à l’aide à la fixation d’objectifs, à l’enseignement et à la direction de personnel seront sûrement encore plus prisées par cette génération d’enfants. Cela aidera les gens à rester sur la bonne voie et à gérer leur attention. Les parents d’enfants Bêta devront développer cette compétence importante.
Par ailleurs, l’un des aspects positifs de cette génération Bêta pourrait être une plus grande sensibilisation à l’environnement. Le monde subit un changement climatique global et les enfants de la génération Bêta peuvent grandir avec un sens accru de la responsabilité environnementale.
« Les jeunes d’aujourd’hui font déjà preuve d’un sens accru des responsabilités, mais les enfants d’aujourd’hui grandiront en sachant que nous devons adopter un mode de consommation plus durable des ressources naturelles et de l’environnement en général. Cela nous amènera à interagir avec l’environnement de manière différente. » Elena Sopilidi
La spécialiste estime également que les enfants de la génération Bêta auront une vision plus globale. Cela est dû au fait qu’ils seront en contact permanent avec un flux constant d’informations.
« Aujourd’hui déjà, les enfants utilisent Internet partout et tout le temps. Il est même devenu possible d’obtenir un enseignement à distance d’un établissement d’enseignement supérieur situé à l’autre bout du monde. Les étudiants de la génération Bêta seront encore plus ouverts à cela. Ils seront probablement plus tolérants envers les autres cultures et les autres peuples. Et c’est là que je vois un avantage en termes de mondialisation et d’unification, qui seront rendus possibles par l’effacement des frontières de l’information. Il sera plus facile de voyager, d’observer et d’étudier la culture d’autres peuples. » Elena Sopilidi
En quoi les enfants de la génération Bêta seront-ils différents des autres générations ?
Selon l’expert en psychologie, dans la réalité hybride à venir, lorsque les frontières entre la réalité numérique et la réalité physique seront encore plus floues, les gens passeront instantanément de la vie réelle à la vie virtuelle.
Au fur et à mesure que la réalité virtuelle s’intégrera dans nos vies, les gens devront interagir davantage avec elle. De nouvelles formes d’éducation pourraient apparaître dans le système éducatif, qui devra s’adapter aux nouvelles réalités et aux étudiants d’aujourd’hui.
« Le rôle de l’enseignant pourrait donc évoluer vers celui de mentor. Cette autre génération percevra l’information différemment : elle aura besoin de mentors car l’accès à l’information sera encore plus facile. Avec l’Intelligence Artificielle, toute information sera disponible en quelques secondes. Seul un mentor sera nécessaire pour leur apprendre à penser de manière à assurer leur éducation personnelle. Les enfants n’auront plus besoin de mémoriser ou de répéter pour apprendre. Tous les gadgets seront à leur portée. Il faudra leur apprendre à utiliser l’information et développer une compétence : la « pensée ». » Elena Sopilidi
L’oratrice note que, avec l’émergence de nouvelles professions associées à de nouvelles technologies et valeurs, les enfants de la génération Bêta devront s’engager dans cette voie, en donnant évidemment la priorité à l’écologie et à l’innovation. Le monde est sur le point de changer de direction.
La psychologue recommande de prêter attention aux aspects suivants dans l’éducation des enfants de la génération Bêta :
1. Il est impératif de développer l’esprit critique.
Dans un monde où l’information est abondante, il est important d’apprendre aux enfants à distinguer la vérité du mensonge. Il faut aussi leur apprendre à poser les bonnes questions et à analyser les réponses, ce qui est la première chose à enseigner aux enfants.
2. Il est également essentiel de soutenir la créativité, le désir de connaissances et d’idées nouvelles chez les enfants d’aujourd’hui.
En effet, l’ère de l’information étant révolue, il sera nécessaire de créer, de développer et d’apprendre pour exister. Il faudra stimuler la créativité. La « créativité de la pensée » deviendra une compétence indispensable.
3. Le développement de l’intelligence émotionnelle deviendra plus important que jamais.
Il faudra aider les enfants à apprendre à identifier et à comprendre leurs émotions et celles des autres.
Avec le développement de la réalité virtuelle, les jeunes seront en effet confrontés à des déformations de la vérité qui pourront les induire en erreur. Or, l’intelligence émotionnelle est essentielle pour savoir interpréter les informations extérieures et les émotions des autres.
4. La responsabilité environnementale sera plus que jamais au premier plan.
Il est plus important que jamais que la nouvelle génération soit guidée dans ce domaine. Cela permettra de surmonter les effets néfastes de la pollution de l’environnement et d’autres problèmes environnementaux.
« Il faudra passer du temps à interagir avec la nature et à inculquer l’amour de tous les êtres vivants aux enfants. Les parents d’aujourd’hui devront leur apprendre à respecter l’environnement, car des changements globaux sont en cours dans ce domaine. » Elena Sopilidi
La psychologue a ajouté qu’il serait important de préparer les enfants de la classe Beta à l’idée que le monde est en constante évolution. Cela les aidera à s’adapter à l’évolution constante des choses. Parallèlement, la tolérance au stress sera un facteur psychologique important dans un monde dynamique. Les gens devront faire preuve de souplesse dans leur façon de penser comme dans leurs émotions.
« Il est important de se rendre compte qu’il s’agit de la génération de l’avenir et que nous ne pouvons qu’imaginer à quoi elle ressemblera. Beaucoup de choses dépendent des parents, de l’avenir du monde, de la manière dont les enfants feront face aux nouvelles réalités et de leur foi en la réussite », a conclu la spécialiste.
Auparavant, un chercheur en sciences sociales a déclaré que les enfants nés après 2025, appelés « génération bêta », représenteront 16 % de la population mondiale d’ici 2035. Il s’agira des enfants de la « génération Y » (Millennials), plus jeune, et de la « génération Z », plus âgée.
Article écrit par Oksana Zhitnikova, traduit en français par Alexandra Bovio
Lien de l’article original (russe) : https://www.zakon.kz/stati/6462447-deti-pokoleniya-beta-kakimi-budut-i-kak-pravilno-vospityvat.html


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