Il existe de nombreux domaines de traduction (sans parler de l’interprétation simultanée ou consécutive, qui fera l’objet d’un autre article, car oui, traduction et interprétation, ce n’est pas la même chose !)
L’un de ces domaines, celui qui me fait le plus vibrer, c’est la traduction littéraire. D’ailleurs, j’en ai fait mon mémoire de Master 1 et de Master 2 (vous trouverez un extrait ici dans mon portfolio).
La traduction littéraire est sans doute la plus complexe de toutes les formes de traduction existantes. Ce qui la distingue des autres formes, c’est qu’elle traduit le sentiment. Dans les autres domaines, seuls les mots et les concepts importent., et puisqu’il s’agit souvent de notice d’utilisation, de documents juridiques ou administratifs, aucun sentiment ne doit y figurer.
En revanche, dans la traduction littéraire, c’est le sentiment qui prime. Une œuvre littéraire est conçue pour émouvoir le lecteur, pour déclencher en lui une réaction quelle qu’elle soit. Le traducteur est avant tout un lecteur qui interprète le texte.
En effet, le traducteur ne traduit pas une langue mot-à-mot, mais un message dans sa globalité et dans un contexte donné. Il ne s’agit pas non plus de transcoder. C’est comprendre un message afin de le transmettre à un lecteur étranger. Construire un pont entre deux cultures, deux histoires, deux communautés linguistiques.
La difficulté de la traduction littéraire, c’est que ce qui est étranger nous est parfois totalement inconnu. Les aspects linguistiques et culturels sont au centre de la réflexion du traducteur. Comment réussir à transmettre un sens parfois si éloigné de notre quotidien et de nos propres représentations socio-culturelles ?
Dans ma combinaison linguistique, russe-français, la traduction littéraire est un véritable parcours du combattant. Ces deux langues sont radicalement différentes d’un point de vue grammatical, lexical, ou autre. En russe, l’information nouvelle ou importante dans la phrase est exprimée par sa position, en fin de phrase. En français, elle est exprimée grâce aux mots employés pour la mettre en valeur.
Le traducteur se doit parfois de reformuler complètement une tournure de phrase, voire même de la couper en plusieurs autres phrases, tout en conservant le style de l’auteur et le message, le sentiment qu’il désire transmettre. Le traducteur se heurte parfois à un obstacle impalpable, incontournable, mais on ne peut plus réel : la traduction du style de l’ouvrage, la véritable signature de son auteur.
Et vous, quel domaine vous fait vibrer ?


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